Marcela Temer – Belle, élégante et femme au foyer

“Marcela m’a aimé pendant 15 mois et 11 contos de réis, pas moins.” Marcela a été la passion de jeunesse de Brás Cubas, le personnage-synthèse du Brasil de Machado de Assis. Mais ce prénom évoque aussi une autre Marcela, Marcela Temer, contemporaine et diamétralement opposée de celle du livre.

Celle de Machado de Assis était une femme libre, indépendante. Périlleuse. Tout autant que le père Cubas a tout fait pour l’éloigner de son fils. Marcela, la vraie, ne porte pas de risque et aucune ambiguïté. Elle partage pourtant l’idéalisme de la femme, régi par la beauté. Mais là s’arrêtent toutes comparaisons.

La première-dame se balade en zone sûre, n’a rien à accomplir ou à prouver. Elle a ses factures payées, les discours prêts, la vie écrite. Même pas le prénom de son fils elle a du choisir: le prénom de son “Seigneur” de père a été reproduit.

Marcela Temer ne s’exprime pas, elle assiste. Peut-être cherche-t-elle le style Jackie Kennedy, d’une simplicité élégante. Mais sans réussir, elle a fini mi-Barbie, mi-Raiponce…

Marcela Temer fait partie d’une lignée, celle des premières-dames décoratives: disposée au service social – la charité, la philanthropie et autres démonstrations de générosité dans le but de camoufler les inégalités.

Ce qui choque le plus, c’est de voir une femme si jeune et si fondée dans la tradition. Et qu’elle adopte, dans le parfait équilibre d’orgueil et timidité attendu des prudes, ce rôle de soumise, secondaire.

A part le bourdonnement de ceux qui protestent devant sa porte contre son mari, rien ne semble déranger son discret plaisir d’habiter dans une cage dorée. Et cela ne surprend pas tout le monde. Une bonne partie du pays souhaite que les choses reviennent à leurs places : les messieurs au pouvoir, les dames à la maison – ou dans le centre commercial.

Plus dangereuse que Marcela du livre, celle en os et en chair représente un idéal: celui de la princesse.

Et ainsi apparaissent dans les grandes villes du Brésil les “Écoles de Princesses”. Elles cherchent des filles entre 4 et 15 ans et promettent : “récupérer l’essence féminine qui existe dans leurs cœurs”. Leurs pages internet sont roses avec des couronnes, en détail, “mini-Marcelas” blondes et souriantes montrent ce qu’elles apprennent : étiquette et mode, maison et famille, et toutes les manières des aristocrates. Elles sauront entretenir des conversations légères, décorer la maison, bien s’habiller, se montrer, recevoir et réfléchir comme les princesses.

Mais a quoi pense une princesse? Selon le site: “L’étape la plus importante de la vie d’une femme est, sans aucun doute, le mariage. Même pas une carrière réussie supère les expectatives du rêve d’un bon mariage. Enfin, l’idée du “happily ever after” est le rêve de toute princesse.”

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Le rêve de toute fille devrait être justement d’être celle qu’elle veut!

La prochaine présidente (Inch Allah!) ferait bien de supprimer ce poste de “première-dame”. Le pays (tout pays!) n’a pas besoin de premières-dames ni de princesses. Il a besoin de femmes de caractère et détermination. Les princesses peuvent retourner à leurs cher royaume lointain: le passé.

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Angela

Angela vit en France depuis 2002, a envie de tout découvrir et d’apprendre à tout faire ; ne sais pas tout faire à la perfection, mais se débrouille un peu dans tout. Même si elle a le sentiment d’avoir fait le bon choix, d’avoir réussi, d’avoir, par son départ, une vie meilleure, l’immigrante souffre souvent de nostalgie . Et de plus en plus avec le temps.

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